La mondialisation est-elle irréversible? Non, répond Suzanne Berger, et il suffit d’en faire l’histoire pour s’en persuader. Une histoire qui ne commence pas à la fin du XXe siècle, mais à la fin du XIXe, vers 1880, et se fracasse sur la première guerre mondiale en 1914. Il faudra attendre 70 ans pour retrouver le même niveau d’investissements à l’étranger, la même fluidité de circulation des biens et des personnes. Les années 1980: tout recommence. Différemment certes, mais les questions, les enthousiasmes et les peurs se répondent étrangement: « notre mondialisation » résonne comme un écho de la première. Dans un essai construit comme une série d’allers-retours, Suzanne Berger sonde les leçons d’un échec oublié, qui désenchantent notre modernité autant qu’elles en mesurent le prix. Et si la mondialisation, loin d’incarner notre destin, se retirait à nouveau de la scène de l’histoire?