L'objet de ce numéro est de proposer une approche sociologique des pratiques de traduction. Investis auparavant principalement par des littéraires et des linguistes, jusqu'à s'être constitués en discipline à part entière, les « translation studies », les traductions et les traducteurs suscitent depuis peu l'intérêt des sciences sociales. La traduction est le produit d'un double processus d'« exportation » et d'« importation ». Étudier les circuits que suivent les livres traduits permet de repérer les acteurs et les instances qui participent à ce double processus, de comprendre les enjeux et d'analyser les fonctions multiples que peuvent remplir les traductions.