Hubert n'est pas un héros. C'est un provincial qui multiplie les petits boulots sans intérêt. Hubert a aimé une très belle femme. Pendant longtemps, la vie s'est emplie de jeux érotiques, de plaisirs. Puis la femme d'Hubert est partie un matin, en laissant un mot, "Adieu'. Ce n'est pas grand-chose mais suffisant pour marquer une rupture nette, brutale. C'est là que commence le récit sous forme de journal, le récit des moments passés ensemble, tenu les sept jours et sept nuits qui suivent la rupture. Toute la force du livre tient dans la conduite de ce journal que se partagent le présent (douloureux, amer et inquiet) et le passé rappelant cette relation charnelle totale mais sans le sou qu'Hubert croyait amoureuse et qui n'était que sexuelle. Le présent témoigne de la dérive, d'une misère ordinaire dans laquelle se succèdent des situations et des rencontres : quelques jeunes femmes, un couple de retraités trimbalant sa routine dans un café, des vieillards dans un hospice géré par un directeur lubrique. Des rencontres qui renvoient systématiquement au passé, révélant toute la naïveté d'Hubert.
Entre le passé remué et le présent incertain, au fil des jours, Hubert prend de l'épaisseur, dans une oeuvre simple et pudique, qui n'épargne pas une société superficielle gouvernée par des rapports non moins superficiels.