Le Temple est le premier exemple d'une création originale de l'Occident médiéval : l'ordre religieux et militaire. Il fut créé au début du XIIe siècle, sur l'initiative de quelques chevaliers, pour incarner durablement les idéaux des croisades : la garde du tombeau du Christ et la protection des pèlerins. A mesure que grandissait son importance, il développait, à travers la chrétienté, un réseau de maisons et d'exploitations qui collectaient les ressources et les revenus nécessaires à la défense de la Terre sainte. Une défense dont le Temple assuma, grâce aux forteresses qu'il détenait en Orient et aux combattants qu'il y expédiait, la plus lourde part.
L'échec des croisades, l'effacement des Etats latins de Terre sainte devaient sonner le glas de sa puissance et de sa gloire. Mais la mise en accusation des Templiers par le roi de France, puis leur disparition dramatique, en 1314, eurent assurément des causes plus complexes. Ordre international, le Temple fut l'enjeu, le bouc émissaire de la formidable partie que se livrèrent alors pouvoir spirituel - le pape Clément V - et pouvoirs temporels - les monarchies de Philippe le Bel, de Jacques II d'Aragon, de Denis de Portugal, d'Edouard Ier et d'Edouard II d'Angleterre.
Au fait des travaux les plus récents publiés en Allemagne, Italie, Espagne et Angleterre, l'auteur a saisi, dans leur ampleur fascinante, deux siècles d'une histoire qui n'en finit pas de susciter fantasmes et légendes. Les Templiers seraient-ils toujours parmi nous ?